40.000 transports radioactifs par année dans notre pays - Aucun accident significatif au cours des 10 dernières années
L'an dernier, 40.000 transports de substances radioactives ont emprunté le territoire belge. Ceux-ci sont majoritairement destinés à des fins médicales et de recherche et, dans une moindre mesure, à un usage nucléaire ou industriel. Bien que les médias ont focalisé leur attention sur ces transports de substances radioactives, ce qui a fait d'eux la cible symbolique d'actions de protestation, la radioprotection de la population et des protestataires n'a jusqu'à présent encore jamais été compromise. C'est ce qu'annonce l'Agence fédérale de Contrôle nucléaire (l'AFCN), chargée de veiller au bon fonctionnement du secteur et à la radioprotection de la population et des travailleurs concernés. Pour garantir la sécurité du transport, la résistance des colis, comprenant l'emballage et son contenu, doit être rigoureusement testée en conditions d'accident. Avant tout, quel que soit le taux de radioactivité du contenu, la dose de rayonnement mesurée à une distance de 2 mètres pendant une heure ne peut jamais être supérieure à 0,1 mSv. Cette dose est comparable à celle reçue par les passagers d'un vol transatlantique.
Le transport de substances radioactives présente un caractère aussi bien national qu'international dans la mesure où la Belgique est un important pays de transit. Là où plus de 2,5 millions de colis sont transportés chaque année en Europe, ce chiffre se limite à 400.000 pour la Belgique. La majorité de ces colis (environ 85%) sont transportés par la route ou par les airs et sont destinés aux applications médicales. Ce sont principalement des isotopes à courte demi-vie produits en Belgique et dans nos pays voisins qui sont envoyés dans le monde entier à partir d'aéroports belges. Pour les applications industrielles, y compris le cycle du combustible nucléaire, la route, mais également les voies ferroviaire et maritime sont empruntées puisqu'il s'agit ici le plus souvent de colis lourds et volumineux.
Enfin, l'AFCN souligne qu'au cours de ses 10 années d'existence, il ne s'est produit aucun incident ou accident qui aurait entraîné un relâchement de radioactivité et aurait nécessité des mesures restrictives à l'égard de la population, des travailleurs ou de l'environnement, lors d'un transport de matières radioactives sur le territoire belge. Il en est de même dans les autres pays européens.
L'AFCN propose sur son site web un dossier d'information détaillé sur ce thème.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Sûreté
Certains principes fondamentaux doivent être respectés lors de chaque déplacement. Les entreprises ou transporteurs et leur personnel doivent donc posséder les connaissances et les compétences requises. L'AFCN organise chaque année des formations (chauffeurs et conseillers à la sécurité) à cet effet et 125 participants y ont assisté l'an dernier.
Parmi ceux-ci, presque tous ont réussi l'épreuve finale, même si certains ont eu besoin de plusieurs tentatives.
Les colis constituent eux-mêmes le principal facteur de sûreté et font l'objet de tests intensifs : ils doivent non seulement proposer une résistance suffisante à l'intensité du rayonnement, mais ils doivent également garantir qu'en cas d'accident, le contenu radioactif ne peut pas s'échapper. Les colis plus volumineux ne peuvent par exemple pas présenter de déformation ou de fuite lors d'un test de chute libre de 9 mètres sur une surface indéformable et lors d'une chute d'un mètre sur un poinçon, ils doivent résister pendant une demi-heure à une chaleur de 800°C et à une immersion totale dans l'eau. L'AFCN se montre très attentive à l'exécution de ces tests.
Comme un accident ne peut jamais être totalement exclu, les transports et les colis doivent être clairement marqués pour qu'en cas d'incident, les services de secours sachent immédiatement comment intervenir.
Ce marquage se caractérise par le symbole de la radioactivité et la classe désignant le transport de matières dangereuses (classe 7 en l'occurrence).
Sécurité
Ce terme englobe toutes les mesures visant à protéger ce type de transports contre le vol, le sabotage ou tout autre acte malveillant. Ces mesures sont, de par leur nature, confidentielles. Les dates précises de ces transports ne sont, par exemple, jamais communiquée au grand public.
En outre, un encadrement policier est prévu pour certains transports. La présence de la police a pour but de garantir la sécurité de tout un chacun lors d'opérations de transport qui peuvent parfois être la cible d'actions de protestation.
Quelques faits et chiffres
Les substances radioactives sont utilisées dans des secteurs et des circuits de production très variés.
Les colis destinés au secteur médical se taillent la part du lion : en effet, 350.000 colis ont été transportés lors de 35.000 opérations de transport entre les différents centres de production belges et étrangers, les centres hospitaliers belges, les universités, les aéroports de Zaventem et de Liège, etc.
30.000 colis ou 3000 transports sont destinés aux applications industrielles, agronomiques ou de recherche. Des substances radioactives sont en effet utilisées en radiographie industrielle, pour la fabrication et l'utilisation de différentes jauges de mesure (d'épaisseur, de niveau, de densité, ...), pour le traitement par ionisation de denrées alimentaires afin de prévenir la germination ou encore dans de nombreux domaines de la recherche comme le datage d'objets. Enfin, le secteur nucléaire représente quelque 20.000 colis ou 2.000 transports. Ces colis sont notamment destinés à la production d'énergie électrique dans les centrales nucléaires et concernent toutes les étapes du cycle du combustible nucléaire (minerai, enrichissement, fabrication du combustible, gestion des déchets et du combustible usé).
Le futur
L'Agence prévoit une continuité au niveau des transports journaliers de colis de matières radioactives destinés aux secteurs médical, industriel et autres. En ce qui concerne les transports dans le secteur nucléaire, les opérations spécifiques suivantes sont prévues d'ici à 2014 :
- retour de déchets compactés belges de France (3/9 réalisés)
- retour en transit par la Belgique de déchets compactés néerlandais en provenance de France (4/6 réalisés)
- transit par notre territoire de combustible irradié de Borssele vers La Hague (1/10 réalisé)
- retour de déchets cimentés belges en provenance de Grande-Bretagne (0/21 réalisé).
Pour de plus amples renseignements :
Karina De Beule
Porte-parole AFCN
0475/480598
AFCN – Rue Ravenstein 36 - 1000 Bruxelles - Tél. 02/2892111 - www.fanc.fgov.be
22 Septembre 2011



