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Dossier d'information - Incident sur l'alimentation électrique du réacteur nucléaire de Forsmark 1 en Suède.


1.Introduction

Le 25 juillet dernier, suite à une coupure d'alimentation électrique de la centrale nucléaire de Forsmark 1, deux des quatre générateurs diesel de secours destinés à se substituer à l'alimentation électrique défaillante n'ont pas démarré. Toutefois, les deux générateurs restants ont permis d'assurer, en toute sécurité, le refroidissement du réacteur immédiatement mis à l'arrêt.

Cet incident a été classé au niveau 2 de l'échelle INES et n'a donc eu aucune conséquence ni pour les populations ni pour l'environnement.

Bien que l'analyse de cet incident ne soit pas terminée, l'AFCN étudie les faits afin de déterminer si un incident comparable est susceptible de se produire dans une des centrales belges et avec quelles conséquences.

L'Agence communique, via ce dossier, les informations disponibles à ce jour.

2. Retour d'expérience et éventuelle transposition de l'incident suédois dans les centrales nucléaires belges.

Tout incident significatif se produisant dans une centrale nucléaire, tant en Belgique qu'à l'étranger, fait l'objet d'un examen minutieux par les experts. Les résultats de l'analyse servent au retour d'expérience (REX) national mais également international. Ces REX peuvent conduire à des actions correctives à différents niveaux : modifications techniques dans les installations, implémentation de nouvelles procédures, formations supplémentaires du personnel d'exploitation, etc.

Bien que le type de réacteur n'ait eu aucune influence sur les causes ou le déroulement de l'incident, il est à noter que le réacteur de la centrale nucléaire suédoise de Forsmark 1 (réacteur à eau bouillante) est d'un type différent des réacteurs des centrales belges (réacteurs à eau sous pression). De plus, les dispositifs impliqués dans l'incident suédois sont aussi différents de ceux utilisés dans nos installations. Cependant, l'AFCN a engagé une analyse approfondie de cet incident afin d'en tirer tous les enseignements possibles pour les centrales de Tihange et de Doel.

L'événement ayant engendré l'incident survenu en Suède est une surtension électrique dans l'installation, suite à un problème du réseau électrique extérieur. Cette surtension a empêché 2 des 4 générateurs diesel de secours de démarrer correctement.

Lors de la conception des installations belges, des protections dans le réseau électrique sont prévues dans le but de protéger les équipements contre des phénomènes de surtension.

D'ailleurs, des phénomènes de surtension se sont déjà produits dans les centrales nucléaires belges, notamment suite à un défaut du réseau électrique mais aussi suite à des situations provoquées lors de tests. Grâce aux protections et équipements permettant de gérer ces phénomènes, ceci n'a eu aucune conséquence au niveau de la sûreté.

Il est aussi prévu une redondance au niveau de l'alimentation électrique, via un réseau de 220V et un système de batteries.

Enfin, les centrales nucléaires belges disposent d'un système de sauvegarde en deux niveaux (voir ci-dessous point 3).

L'examen des faits en cours évoluera en fonction des résultats d'analyse de l'incident suédois.

3. Alimentation électrique des centrales nucléaires belges et tests.

Les centrales nucléaires sont équipées de systèmes permettant de pallier des défaillances d'équipements prévus dans la conception de l'installation. Ces systèmes sont appelés "systèmes de sauvegarde".

Il existe deux niveaux de systèmes de sauvegarde destinés à garantir chacun individuellement les trois fonctions principales de sûreté : le contrôle de la réactivité, l'évacuation de puissance et le confinement des matières radioactives.

Le système de sauvegarde de premier niveau comprend différents dispositifs de sécurité conçus pour limiter les conséquences d'incidents ou d'accidents dont l'origine se situe à l'intérieur de l'installation (appelés "accidents d'origine interne"). Par exemple, en cas de perte d'alimentation électrique, des générateurs diesel de secours redondants permettent de récupérer cette alimentation nécessaire pour garantir un état de sûreté maximale.

Le système de sauvegarde de niveau 2 comprend des dispositifs de sécurité utilisés dans les cas accidentels sévères où les systèmes de sauvegarde de niveau 1 sont défaillants, par exemple suite à un accident dont l'origine se situe à l'extérieur de l'installation (appelé "accident d'origine externe"). Son rôle principal est d'assurer un état de sûreté maximale, en rétablissant toutes les fonctions de secours qui ont été altérées. Afin de garantir son intégrité dans toutes les situations accidentelles, ce système de sauvegarde de niveau 2 est installé dans un bâtiment renforcé et isolé de tous les autres équipements. Il possède ses propres éléments de secours.

Le système de niveau 2 n'est pas systématiquement présent dans toutes les installations nucléaires dans le monde. Les centrales nucléaires belges disposent de ce double système de sauvegarde.

Pour chaque système de sauvegarde, qu'il soit de niveau 1 ou 2, plusieurs redondances existent par réacteur. En effet, chaque système est composé de plusieurs sets d'équipements; chaque set individuellement peut assurer la fonction de sûreté pour laquelle il est conçu. La défaillance d'un set d'équipements ne conduit pas à l'indisponibilité du système de sauvegarde dont il fait partie.

Par ailleurs, dans toutes les unités des centrales nucléaires de Doel et de Tihange, des tests sont régulièrement réalisés sur tous les générateurs diesel de secours. Les tests de bon fonctionnement de ces groupes diesel, c'est-à-dire la vérification du bon démarrage de chaque groupe, sont effectués mensuellement. Les tests de perte de l'alimentation électrique sont effectués annuellement. Lors de ces tests, les opérateurs provoquent de manière contrôlée la perte d'alimentation, vérifient que les diesels démarrent correctement et que tous les équipements liés à ces diesels assurent le fonctionnement tel qu'il est prévu dans les spécifications. Lorsqu'un test révèle une anomalie, celle-ci fait l'objet d'un examen pour en trouver la cause et y remédier.

L'état actuel de ces générateurs diesel de secours ne suscite pas de préoccupation particulière.

Des premiers éléments techniques recueillis sur l'incident suédois et suite à un examen commun par l'agence, l'organisme agréé et l'exploitant, il apparaît que les centrales nucléaires belges peuvent gérer de tels phénomènes. Il y a lieu de préciser également que toutes les procédures sont disponibles et utilisées en fonctionnement normal de l'installation mais aussi en cas d'incidents. Ces procédures sont intégrées dans la formation continue afin qu'un personnel bien entraîné puisse gérer de telles situations. Ces procédures en vigueur incluent, dans certains cas, la mise en marche manuelle d'équipements de sûreté.

Au vu des explications ci-dessus, l'AFCN confirme qu'il n'est actuellement pas nécessaire de prendre des mesures de protection complémentaires.

L'Agence continuera à mettre à jour ce dossier d'information.


16 Janvier 2006


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