Fukushima : Les mesures de l'AFCN excluent tout risque sanitaire et environnemental
L'Agence fédérale de Contrôle nucléaire (l'AFCN) confirme que les résultats des mesures qu'elle a effectuées ces derniers jours ne présentent aucun motif d'inquiétude pour la population belge. Tous les échantillons prélevés démontrent que les particules radioactives qui traversent notre pays dans l'air traversé des particules radioactives restent dans des valeurs non significatives qui ne sont pas susceptibles d'avoir un impact sur notre santé ou notre environnement. Les poussières de l'air, les dépôts surfaciques ainsi que les eaux de pluie ont été échantillonnés. Régulièrement, les seuils à partir desquels les particules peuvent être détectées (limites de détection) ne sont même pas atteints. Les valeurs enregistrées oscillent autour de ces limites de détection et restent donc sensiblement inférieures au seuil qui pourrait éventuellement présenter un risque. En termes d'exposition, nous sommes largement en-dessous des doses de radioactivité naturelle auxquelles nous sommes exposés dans notre pays.
L'AFCN souligne dès lors qu'il n'y a aucune raison de s'inquiéter et encore moins de s'approvisionner en comprimés d'iode ou de les utiliser. Bien au contraire, l'ingestion de comprimés d'iode, surtout lorsqu'elle s'étend sur plusieurs jours, peut à terme avoir des effets nocifs sur la thyroïdes, surtout chez les femmes et les enfants. Même dans le cas d'un accident nucléaire grave, il sera rare d'ingérer deux fois ces comprimés. L'AFCN regrette les quelques cas d'abus (commercial) qui préconisent la prise d'iode pour se ‘protéger'.
Nos pays limitrophes surveillent également la présence éventuelle d'iode-131 et de césium-137. Les valeurs enregistrées se situent également en-dessous ou aux alentours des limites de détection.
L'AFCN publiera au fur et à mesure les résultats qui lui parviendront, même si aucun danger environnemental ou sanitaire n'a été noté jusqu'à présent et n'est attendu, même en cas de persistance dans la durée.
Les chiffres
Suite à l'accident nucléaire de Fukushima et dans le cadre de son programme de routine pour la surveillance radiologique, l'AFCN procède depuis le 21 mars à des mesures spécifiques destinées à surveiller la présence éventuelle d'iode radioactif (I-131) et de césium (Cs- 134 et Cs- 137) sur le territoire belge. A cet effet, elle utilise les installations du programme de surveillance du territoire pour contrôler les niveaux de radioactivité présents dans les poussières de l'air et dans les pluies.
Des traces d'iode 131 ont été détectées dans les poussières de l'air sur toutes les stations, mais les valeurs mesurées ne sont pas significatives puisqu'elles restent de l'ordre des limites de détection et qu'elles sont associées à des incertitudes de mesure élevées.
A partir du 27 mars, on a enregistré des concentrations en iode (I-131) légèrement supérieures, à peine significatives : de l'ordre de 1 mBq/m³. Ces concentrations de l'ordre de 1 mBq/m³ induiraient chez un individu adulte moyen exposé en continu sur une période de 1 an une dose 17.000 fois plus faible que la dose recommandée pour la population (hors exposition médicale) de 1 mSv/an.
Pour les dépôts surfaciques (Cs-137 et I-131), les mesures étaient aux limites de détection (~ 1,5 à 4 Bq/m²) jusqu'en début de semaine. Les derniers contrôles effectués intégrant les pluies de ces derniers jours montrent des concentrations de l'ordre de 10 Bq/m². Ces valeurs sont cohérentes avec les mesures des poussières de l'air qui ont très légèrement augmenté sur la même période. Les concentrations qui induiraient chez un individu adulte moyen exposé en continu sur une période de 1 an une dose population de 1 mSv sont de 17000 milliBq/m³ pour l'I-131, de 6250 milliBq/m³ pour le Cs-134 et de 3700 milliBq/m³ pour le Cs-137.
Le ‘nuage'
Avant d'atteindre la Belgique, le nuage radioactif doit parcourir une distance d'environ 10.000 km. La radioactivité décroît tout au long de son parcours. Ainsi, l'I-131 provenant de Fukushima a une demi-vie de 8 jours, ce qui signifie que la radioactivité a presqu'entièrement disparu au bout de 8 jours. Par ailleurs, le nuage perd lors de sa traversée une partie de sa radioactivité (« fallout ») et il se charge d'air non contaminé, ce qui dilue sensiblement son niveau de radioactivité. Ce phénomène fut constaté après l'accident de Tchernobyl : le Japon et les Etats-Unis n'avaient alors relevé sur leur territoire que des quantités à peine mesurables de particules radioactives, sans le moindre impact sur la santé et sur l'environnement. Ces pays sont tous deux distants d'environ 10.000 km de Tchernobyl, comme c'est le cas aujourd'hui de la Belgique par rapport au Japon.
Pour de plus amples renseignements :
Karina De Beule
Porte-parole AFCN
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AFCN – Rue Ravenstein 36 - 1000 Bruxelles - Tél. 02/2892111 - www.fanc.fgov.be - www.telerad.be
1 Avril 2011



