L'AFCN commande un audit international sur la sûreté du site nucléaire de Tihange
L'Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN) confirme qu'une demande d'audit international sur la sûreté du site nucléaire de Tihange est en cours de préparation. La nouvelle a été communiquée dans le cadre d'une réponse à une question parlementaire formulée par Patrick Dewael, le Ministre de l'Intérieur, le 2 février et le 20 janvier, au sein de la Chambre des Représentants.
En effet, l'AFCN a reçu le soutien de son ministre de tutelle pour introduire une demande en ce sens auprès de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) dont le siège est établi à Vienne. La demande n'a en principe aucun lien avec la récente discussion sur la culture de sûreté au sein des centrales nucléaires de Doel et Tihange. L'AFCN rappelle qu'une proposition de ce genre d'audit figurait déjà dans le mémorandum qu'elle a adressé en juin 2003 - in tempore non suspecto - au formateur de l'équipe gouvernementale actuelle. Les constatations critiques formulées ces dernières semaines par l'AFCN et AVN, l'organisme de contrôle agréé, sur l'organisation de la sûreté sur les sites de Doel et de Tihange n'ont fait qu'accélérer la demande.
L'AFCN indique que l'initiative ne peut être interprétée comme un signe de méfiance envers la politique nationale de contrôle et envers les instances concernées. Par contre, ces inspections indépendantes sont perçues tant par les exploitants nucléaires que par les régulateurs comme une preuve de politique cohérente et transparente en matière de sûreté et comme une initiative destinée à rassurer la population.
Cette inspection s'inscrit dans le cadre du programme OSART de l'AIEA (Operational Safety Review Team). L'inspection est considérée par l'AFCN comme le dernier volet de toute une série de audits successifs effectués tant par les instances nationales qu'internationales. L'exploitant Electrabel a en effet demandé de sa propre initiative auprès de la WANO (World Association of Nuclear Operators) une réunion internationale des exploitants de réacteurs qui se déroulera en 2005.
La demande d'inspection introduite auprès de l'AIEA en vue d'évaluer de manière indépendante la situation des centrales nucléaires en matière de sûreté coïncide avec une discussion sur le renforcement de la protection physique des sites nucléaires par la présence permanente de gardes armées qui a été engagée suite à un courrier reçu des autorités américaines. Toutefois, les deux discussions doivent être dissociées étant donné les natures totalement différentes de la menace et des mesures de protection. L'inspection OSART de l'AIEA ne portera pas sur la sécurité externe des centrales.
L'organisation d'une inspection OSART requiert, de la part de toutes les parties concernées, des efforts qui ne doivent pas être sous-estimés et la réalisation de celle-ci nécessite beaucoup de temps. Elle sera minutieusement préparée par l'AIEA et se traduira par une première visite de reconnaissance qui précédera la véritable inspection d'environ un an. La mission se clôturera un an et demi après la véritable inspection par une visite de suivi. L'opération complète durera entre 2,5 et 3 ans sans prendre en compte la durée de la procédure de demande.
3 Février 2005



