Révision de la protection contre les inondations à Tihange
L'Agence fédérale de Contrôle nucléaire (l'AFCN) a récemment pris connaissance du plan d'approche élaboré par Electrabel-Tihange en matière de sûreté de la centrale en cas de risques exceptionnels de débordement de la Meuse. Le plan fait suite à une demande de Bel V et de l'AFCN et il s'inscrit dans le cadre de la révision décennale de sûreté en cours des centrales nucléaires belges. Ce plan aborde plus spécifiquement le ‘risque d'inondation du site de Tihange'.
A la demande de l'exploitant, l'Université de Liège (ULg) a développé pour la Meuse un modèle hydrodynamique qui évalue les risques d'inondation à long terme résultant d'un débordement de la Meuse (1.000 ans-10.000 ans). Ce modèle conclut qu'il existe pour le site de Tihange un risque sérieux d'inondation dans des circonstances susceptibles de se produire une fois tous les 1.000 ans. Telles circonstances sont jusqu'à ce jour historiquement inconnues. Une inondation de la vallée mosane serait de nature à mettre hors service des systèmes essentiels de sauvegarde des 3 unités (de Tihange). Pour atteindre un tel niveau, il faudrait un concours de circonstances exceptionnel qui conjuguerait une rapide fonte des neiges et une longue période de pluies abondantes. Il ne s'agit toutefois pas d'un phénomène soudain comme c'est par exemple le cas lors d'un tsunami, mais bien d'une évolution de la situation qui s'annonce sur une centaine d'heures au moins.
Vu que cette situation ne correspond pas aux critères initiaux de conception, l'exploitant a préventivement proposé une série d'actions qu'il compte entreprendre pour garantir la sûreté des centrales dans le cas de figure où une telle montée du niveau de la Meuse serait annoncée.
L'AFCN a approuvé les actions proposées par l'exploitant. Celles-ci visent principalement à :
- arrêter immédiatement les trois réacteurs en cas d'alerte de crue exceptionnelle, tout en assurant leur refroidissement.
installer une protection anti-inondation périphérique du site, ainsi que - des dispositifs de protection complémentaires afin de pouvoir faire face à une augmentation sensible du niveau de la Meuse.
- Poursuivre les études concernant des moyens complémentaires permettant d'assurer les fonctions de sauvegarde essentielles.
Les révisions décennales en vigueur en Belgique remettent continuellement en question la conception initiale de l'installation nucléaire, y compris en ce qui concerne sa résistance à des causes externes extrêmes. Ces révisions alimentent un processus d'amélioration continue qui, tout au long de la période d'exploitation de l'installation, prend en compte l'évolution des normes de sûreté et des attentes de la société.
Ce sont précisément ces situations extrêmes qui seront réévaluées dans le cadre des stress tests qui ont été décidés suite à l'accident de Fukushima. L'analyse qui est considérée ici ne faisait toutefois pas partie de ces stress tests.
9 Mai 2011



