Surveillance radiologique de la Belgique - rapport de synthèse des données de la chaîne alimentaire
La radioactivité artificielle des denrées alimentaires provient principalement de la présence éventuelle de produits de fission à longue durée de vie tels que le 90Sr et le 137Cs qui résultent essentiellement des essais nucléaires ayant eu lieu dans l'atmosphère dans les années 1960.
Lors d'un accident (comme celui de Tchernobyl), une augmentation de la radiocontamination sera surtout provoquée à court terme par la présence éventuelle d'131I et à long terme par celle de 137Cs, de 134Cs, de 90Sr, éventuellement de 103,106Ru, etc.
Cette radioactivité artificielle sera plus ou moins concentrée dans la nourriture car elle suit les mouvements d'éléments stables intervenants dans le métabolisme des végétaux et des animaux. Par exemple, les radiocésiums "suivent" les mouvements du potassium que l'on considère comme un "analogue chimique". Chez les animaux, les radiocésiums ont tendance à se concentrer dans les muscles (viande). Les radiostrontiums quant à eux se retrouvent en général émis dans l'environnement sous des formes chimiques qui les rendent plus mobiles, ils suivront leur analogue chimique – le calcium et auront donc tendance à s'accumuler dans les structures osseuses des êtres vivants. Ces considérations ont guidé le choix des radionucléides recherchés systématiquement dans le cadre du présent contrôle.
Dans le cadre de ses missions, l'Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN) initie des programmes de surveillance radiologique du territoire belge. Un de ses programmes s'adresse au contrôle des denrées destinées à la consommation humaine via des campagnes de prélèvements réalisées annuellement où des denrées alimentaires sont collectées en vue d'analyser leurs niveaux de radioactivités naturelle et artificielle le cas échéant.
Les rapports concernent la qualité radiologique des denrées de la chaîne alimentaire et traitent en particulier de l'état radiologique des denrées alimentaires elles-mêmes et de celui du lait.
Des légumes de consommation courante sont récoltés : laitues, poireaux, céleris, choux-fleurs, choux de Bruxelles, choux blanc, choux rouge, brocolis, haricots, carottes, chicons, tomates, concombres, poivrons, salsifis, navets, pommes de terre, champignons de couche, etc.
Des fruits de consommation courante sont également récoltés : poires, pommes, nectarines, kiwis, mangues, melons, oranges, bananes, etc.
Des viandes en provenance de marchés et d'abattoirs sont également analysées : bœuf, veau, cheval, porc, volailles (dont poulet et dinde), lapin, agneau, chevreuil en saison. Les facteurs physiologiques de concentration, les différences de teneurs en graisse et en eau des organes peuvent influer sur les mécanismes de concentration des radionucléides. Cependant la partie comestible est, en général, constituée des muscles. Aussi, il suffit par exemple de s'intéresser à la teneur en radiocésium des muscles (viande) pour avoir une idée globale de la quantité de radioactivité pouvant être transférée à l'homme.
Des poissons sont également pris en compte en provenance de pêcheries et de poissonneries : poissons d'eau douce (tilapias, silures, etc.) et marins de pleine eau (thon, espadon, dorade, bar, loup de mer, cabillaud, hareng, merlan, raie, truite de mer, rouget, sébaste, lieu noir, saumon, etc.) et de fond (plie, sole, etc.).
L'AFSCA (Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire) a décidé depuis l'année 2000 d'intensifier ses contrôles en effectuant des prélèvements supplémentaires de denrées alimentaires destinés à la détermination de leurs niveaux de radioactivité naturelle (40K) et artificielle (134,137Cs). Les produits d'importation et les denrées animales des abattoirs et gros centres de distribution sont particulièrement concernés par ces contrôles.
Les échantillons AFSCA viennent compléter ceux normalement prélevés et mesurés pour le compte de l'AFCN dans le cadre de son programme de surveillance radiologique du territoire.
Cette coopération fait d'ailleurs l'objet à présent d'une convention cadre qui définit les domaines d'actions des deux agences et qui vise à optimiser les efforts de l'une et de l'autre afin de mieux garantir la protection de la population.
| Rapports de synthèse des données de la chaîne alimentaire |
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Rapports publiés en partenariat avec l'Institut d'Expertise Vétérinaire IEV, institut intégré à l'Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire. |
| Dernière mise à jour |
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| 30/06/2010 - 15:30 |


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